Les troubles du sommeil

Dans cette section, les principaux troubles de sommeil vous seront présentés avec une brève description de chacune des pathologies et leurs signes distinctifs.

Insomnie
L’insomnie est un trouble du sommeil caractérisé par un ensemble de symptômes reliés à une diminution de la durée du sommeil qui survient plus de 3 nuits par semaine et dont les causes peuvent être psychologiques ou physiologiques. L’insomnie initiale est caractérisée par des difficultés à l’endormissement et donc une très longue latence à l’endormissement. On qualifie d’insomnie terminale un éveil très précoce le matin. L’insomnie de maintien est quant à elle une difficulté à maintenir le sommeil et est donc caractérisée par des éveils nombreux et/ou prolongés au cours de la nuit. Il arrive qu'on retrouve une combinaison des différents types d’insomnie chez un même patient. Ainsi, la plainte la plus fréquente chez les insomniaques est un sommeil léger et non réparateur. Ce trouble a des conséquences néfastes diurnes pour l’individu telles la fatigue et la somnolence, des changements de l’humeur et de l’irritabilité, des troubles de l’attention et de concentration ainsi qu’une altération des performances psychomotrices.

Hypersomnie
L’hypersomnie réfère à l’ensemble des troubles du sommeil qui sont caractérisés par de la somnolence excessive et/ou des accès de sommeil au cours de la journée en dépit d’un sommeil perçu comme normal au cours de la nuit. Ce trouble apparaît généralement à l’adolescence ou au début de la vingtaine. Les patients qui en souffrent ont des accès de sommeil durant la journée, font des siestes involontairement longues (parfois plus d’une heure) qui ne sont généralement pas récupératrices. Ces patients expérimentent de l’ivresse du sommeil, sont difficiles à réveiller et leur réveil est associé à de la confusion. On distingue l’hypersomnie idiopathique (sans cause connue) de l’hypersomnie secondaire associée à un problème physiologique tel le syndrome des jambes sans repos ou l’apnée du sommeil.

Narcolepsie
La narcolepsie est un trouble caractérisé par des accès subits de sommeil pendant la journée. Les patients expérimentent fréquemment de la cataplexie ainsi que dans certains cas des paralysies du sommeil et des hallucinations hypnagogiques. La cataplexie se définit par une perte du tonus musculaire sans altération de la conscience et est déclenchée par les émotions fortes telles la colère, la joie, le rire, la peur. La narcolepsie se différencie de l’hypersomnie idiopathique par la périodicité de la somnolence (aux deux heures), l’effet récupérateur des siestes, les accès subits de sommeil de courte durée et les endormissements fréquents directement en sommeil paradoxal.

Trouble comportemental en sommeil paradoxal (TCSP)
Le TCSP est une parasomnie du sommeil paradoxal (sommeil REM) qui apparaît principalement après l’âge de 50 ans et qui est cliniquement caractérisée par des activités motrices complexes souvent violentes (coups de pieds, de poings, comportements de fuite) pendant le sommeil. Chez ces patients, on assiste à une perte de l’atonie musculaire, qui est généralement présente au cours du sommeil paradoxal normal. Ces comportements peuvent entraîner des blessures au patient lui-même ou à son partenaire de lit. Le TCSP peut être idiopathique ou secondaire à des atteintes neurologiques telles un accident vasculaire-cérébral ou une tumeur. Plusieurs études longitudinales, dont celles des Drs Montplaisir, Gagnon et Postuma, ont démontrées qu’environ la moitié des patients atteints de TCSP idiopathique vont développer la maladie de Parkinson ou une autre démence telle la démence à corps de Lewi dans les 10 années suivant le diagnostic de TCSP.

Somnambulisme
Le somnambulisme est une parasomnie du sommeil lent profond caractérisée par une série de comportements moteurs complexes qui peuvent aller de s’asseoir dans le lit jusqu'à se promener et même sortir de la maison. Le réveil pendant l’épisode est difficile et associé à de la confusion. Le somnambulisme est plus fréquent chez l’enfant et l’adolescent et survient habituellement dans le premier tiers de la nuit, il est associé à un changement brusque entre le sommeil lent profond et l’éveil.

Apnées du sommeil
L’apnée du sommeil est caractérisée par des arrêts de la respiration de plus de 10 secondes de façon répétée au cours du sommeil entraînant une diminution de l’oxygène dans le sang au cours de la nuit. Cette condition entraîne des éveils courts mais fréquents durant la nuit ayant comme conséquence une diminution de la qualité du sommeil. Cela entraîne de la somnolence diurne, des maux de tête et un assèchement de la bouche au réveil, des changements de l’humeur et de l’irritabilité. à long terme, les patients souffrants de ce problème expérimentent des déficits cognitifs : altération du fonctionnement intellectuel général, de l’attention, de la vigilance, de la mémoire, des fonctions exécutives ainsi que de leur dextérité manuelle. Ils sont également à risque de développer des complications cardiovasculaires.

Impatiences musculaires
Le syndrome d’impatiences musculaires est un trouble caractérisé par un besoin irrésistible de bouger les membres inférieurs, et parfois supérieurs, associé à des paresthésies, une agitation motrice, une augmentation des symptômes au repos avec soulagement par l’activité et une augmentation des symptômes en soirée et/ou au cours de la nuit. Ce trouble entraîne des difficultés d’endormissement ainsi que des éveils fréquents au cours de la nuit.

Mouvements périodiques des jambes en sommeil (MPJS)
Le syndrome des MPJS est caractérisé par l’apparition répétée et rythmique (souvent à chaque 20 à 40 secondes) de mouvements de jambes de courte durée. Les plaintes de sommeil les plus fréquentes chez les patients souffrant de MPJS, consistent en un sommeil non-récupérateur et une somnolence diurne puisque ces mouvements périodiques provoquent une fragmentation du sommeil entraînant une réduction de la profondeur et de la qualité du sommeil.

Désordres circadiens
Cette catégorie de pathologies réfère à l’ensemble des troubles d’ajustement au cycle lumière-obscurité ambiant qui peuvent être soit d’origine environnementale (horaires irréguliers, travail en rotation, décalage horaire) ou d’origine intrinsèque (dysfonction de l’horloge biologique, cécité, condition neurologique particulière). Ces troubles entraînent une altération de la phase de sommeil ou de l’alternance veille-sommeil. Dans cette catégorie se retrouve le syndrome de sommeil en avance de phase, le syndrome de sommeil en délai de phase, le syndrome d’alternance veille-sommeil irrégulière ou différente de 24 heures et les troubles de sommeil des travailleurs de nuit.