Un brin d'histoire...

C’est en 1977, à son retour d’une formation postdoctorale à l’Université Stanford, que le Dr Jacques Montplaisir a mis sur pied le Centre d’étude du sommeil à l’Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal. Le Centre était alors situé au 5e étage de l’aile H de l’Hôpital et ne disposait que d’une seule chambre d’enregistrement du sommeil pour les patients et pour les volontaires des projets de recherche. À cette époque, le personnel ne comprenait qu’une coordonnatrice, Mireille Charron, qui continue aujourd’hui à assumer cette fonction. Les principaux thèmes de recherche du Centre étaient alors la narcolepsie et l’épilepsie. La première étudiante à obtenir son doctorat sous la direction du Dr Jacques Montplaisir est Marie Laverdière, aujourd’hui enseignante en technique d’électrophysiologie médicale au Collège Ahunstic.

Au début des années 80, le Centre s’agrandit et comprend deux chambres pour les enregistrements polysomnographiques. Durant les années qui suivront, les Drs Marie Dumont et Roger Godbout effectuent leur thèse de doctorat sous la direction du Dr Jacques Montplaisir. Parallèlement, M. Gaétan Poirier complète sa maîtrise en neurosciences et est nommé agent de recherche et programmeur. Il continue depuis à jouer un rôle majeur dans le développement informatique et technologique du groupe. En 1990, à son retour d’une formation postdoctorale à l’Université Harvard, Dre Marie Dumont fondera le Laboratoire de chronobiologie. Dr Roger Godbout poursuivra des recherches postdoctorales à l’Université McGill puis au Collège de France, Paris, et il étudiera à son retour les liens entre le sommeil et les maladies psychiatriques. Il mettra sur pied à l’Hôpital du Sacré-Cœur un laboratoire de recherche animale sur le sommeil et il fondera le Laboratoire et la Clinique du sommeil à l’Hôpital Rivière-des-Prairies. À la même époque, deux stagiaires postdoctoraux, Dr Tore Nielsen et Dominique Lorrain, et une étudiante au doctorat, Dominique Petit, se joignent au Centre. Tore Nielsen fondera le Laboratoire des rêves et des cauchemars tandis que Dominique Lorrain partira diriger un laboratoire de recherche sur le sommeil des sujets âgés à l’Université de Sherbrooke. Dominique Petit assumera la direction des programmes de recherche cliniques à l’Hôpital du Sacré-Cœur en collaboration avec Dr Jacques Montplaisir.

 


Photo archive de 1997
Rangée du fond (gauche à droite) : Gilles Lavigne, Jean Paquet, Paul Lespérance, Roger Godbout, Sonia Frenette, Martin Michaud, Raphaël Heinzer.
Rangée du milieu (gauche à droite) : Gaétan Poirier, Lise Camiré (sous elle : Alain Nicolas et Anne Décary), Emilia Sforza, Micheline Beaumier, Mireille Charron, Chantale Simard et Nicole Roy.
Rangée avant (gauche à droite) : Anik Gosselin, Hélène Gaudreau,Sylvie Rompré, Francine Rivard, Brigitte Dubreuil, Christiane Manzini, Laure McCormick, Marie Dumont et Jacques Montplaisir.

 

Un peu plus tard, Dr Gilles Lavigne, de retour d’un stage de formation au National Institute of Health (NIH) se joint au Centre où il développe un programme de recherche sur le bruxisme et sur les liens sommeil-douleur. Il deviendra plus tard titulaire d’une Chaire du Canada sur la douleur, le sommeil et les traumatismes. En 1995, les chercheurs du Centre obtiennent du Conseil de Recherches Médicales une importante subvention de Groupe. Cette subvention a joué un rôle vital dans la stabilisation et la croissance de notre infrastructure. Au cours des années suivantes, elle a été renouvelée et bonifiée par les Instituts de Recherche en Santé du Canada (IRSC) jusqu'à la fermeture du programme des subventions de groupe par les IRSC en 2010. En 1999, les installations du Centre deviennent insuffisantes pour réaliser le programme de recherche de l’équipe grandissante, surtout qu’au même moment, Dre Julie Carrier, qui a obtenu un doctorat en psychologie sous la direction de Dre Marie Dumont, revient d’une formation postdoctorale à l’Université de Pittsburgh et met sur pied un programme de recherche sur le sommeil et le vieillissement. Le Centre d’étude du sommeil et des rythmes biologiques déménage alors dans de nouveaux locaux et prend possession de nouveaux laboratoires entièrement rénovés et à la fine pointe de la technologie. Il occupe une superficie de 1000 m2 au 5e étage de l’aile J et comprend les laboratoires de Médecine du sommeil (5 chambres), de Chronobiologie (3 chambres d’isolation temporelle dont une disposant d’un plafond lumineux programmable), et le laboratoire des Rêves et des Cauchemars (3 chambres).

  


Photo archive de 1999 : Discours d’inauguration par Dr Montplaisir          
    

Photo archive de 1999 : Installation d'électrodes

Photo archive de 1999 : L’équipe d’alors du Laboratoire Douleur et Sommeil
 

 

Dans les années 2000, le Centre recrute une cardiologue, Dre Paola Lanfranchi qui développe un programme de recherche sur le fonctionnement cardiovasculaire en sommeil normal et pathologique, ainsi que le Dr Antonio Zadra, spécialisé dans l’étude des rêves et du somnambulisme, et le Dr Jean-François Gagnon qui étudie les troubles cognitifs associés aux parasomnies et les troubles du sommeil observés dans les maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson et la démence de type Alzheimer. En 2009 et 2010, le groupe accueille deux nouvelles chercheures, Dre Valérie Mongrain, qui crée un laboratoire d'étude de la régulation moléculaire du sommeil, et Dre Nadia Gosselin spécialisée dans la neuropsychologie des troubles du sommeil, des maladies dégénératives et des traumatismes crâniens. En 2011, deux nouvelles recrues se joignent au groupe: Dr Alex Desautels qui est neurologue et chercheur intéressé à la pathophysiologie et la génétique des troubles du sommeil, et le Dr Louis De Beaumont, un spécialiste en plasticité cérébrale et traumatismes crâniens. Le groupe souligne l’importante contribution à l’étude du fonctionnement cardiovasculaire en sommeil de Dre Paola Lanfranchi qui quitte le CÉAMS en 2012. C’est finalement en 2014 que s’ajoutent deux nouveaux chercheurs au centre, soit Dr Johannes Frasnelli, spécialisé en pathologie des sens chimiques tel que l’odorat, ainsi que Dr Simon Warby qui se spécialise au niveau des modificateurs génétiques affectant le sommeil.

 


 


Discours de Dr Montplaisir, le fondateur du CÉAMS.

Dernières technologies pour l’enregistrement simultané.

Une scientifique du CÉAMS expliquant les détails de nos études et systèmes.

 

La création du CÉAMS
En 2006, le Groupe obtient une subvention de 5 millions de dollars de la Fondation Canadienne pour l’Innovation (FCI) qui permettra la construction d’une nouvelle aile à l’Hôpital du Sacré-Cœur occupant une superficie de 500m2 et entièrement dédiée à la recherche en médecine du sommeil. Cette nouvelle construction, achevée en 2010, est consacrée entre autres à l’étude du fonctionnement cérébral suivant un traumatisme crânien. La nouvelle aile est équipée pour l’étude détaillée du fonctionnement du système nerveux autonome au cours du sommeil et pour la photobiologie. Elle héberge également un laboratoire destiné à l’étude de l’apnée du sommeil, un laboratoire olfactif ainsi qu’un appareil de stimulation magnétique transcrânienne. On y retrouve enfin un laboratoire dédié spécifiquement aux interactions sommeil-douleur dirigé par Dr Gilles Lavigne. La nouvelle construction abrite un appareil d’imagerie cérébrale, qui utilise une nouvelle technologie particulièrement bien adaptée à l’étude du sujet endormi : la tomographie à émission monophotonique à haute résolution (SPECT-HR). C’est suite à ces développements majeurs que le Centre d’études du sommeil et des rythmes biologiques a changé de nom et est devenu le Centre d’études avancées en médecine du sommeil (CÉAMS).

Aujourd’hui, le CÉAMS est composé de 13 chercheurs (Montplaisir, Lavigne, Nielsen, Dumont, Carrier, Zadra, Gagnon, Gosselin, Mongrain, Desautels, De Beaumont, Frasnelli et Warby) et d’une quarantaine de stagiaires de recherche et d’étudiants à la maîtrise, au doctorat et en stage post-doctoral. Depuis l’ouverture du Centre en 1977, une centaine d’étudiants aux études supérieures ont été formés et ce nombre ne cessera de s’accroître avec l’arrivée des nouveaux chercheurs tout aussi dynamiques au sein du groupe. Les thèmes de recherche abordés dans les programmes des chercheurs du CÉAMS sont de plus en plus spécialisés, variés et multidisciplinaires. Les différents chercheurs et l’infrastructure commune favorisent les interactions entre les champs d’expertise, contribuent efficacement à l’avancement des connaissances et permettent ainsi au CÉAMS de maintenir sa position de leader mondial dans l’étude du sommeil normal et pathologique.